l'Etat est-il facteur de liberté ou d'oppression ?
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  • Sujet : l'Etat est-il facteur de liberté ou d'oppression ?
  • Concepts : l'Etat - est-il - facteur - de - liberte - ou - d'oppression - - 17986 - libre -
  • Extrait du corrigé : Remarques L'intérêt rationnel d'une question en forme d'alternative invite la réflexion à mettre à l'épreuve le sens de cette alternative, à se demander ce qui la rend possible. Ceci répond généralement à des perceptions contradictoires, à des opinions divergentes, qui indiquent et signifient l'existence d'un problème. Par exemple, la perception de l'État comme instance oppressive est fréquente. Il en va de l'appréhension immédiate de tout pouvoir qui exige et sanctionne, règle plus ou moins fortement les rapports entre les hommes. Mais aussitôt, l'idée d'une telle régulation peut tout aussi bien être perçue positivement, dès lors qu'elle affranchit chaque homme de la précarité, de la menace imminente d'une agression, de l'arbitraire qui pourrait être lié à l'exercice débridé des rapports de force inter-individuels. Il faut donc se demander comment deux perceptions aussi contradictoires peuvent être associées. La pensée critique rencontre alors la nécessaire distinction du droit et du fait : une chose est la fonction idéale de l'État (Spinoza écrivait que la fin ultime de l'État est la liberté); autre chose son rôle réel, notamment lorsqu'il est assujetti à des intérêts particuliers (Marx allait jusqu'à identifier la nécessité même d'un pouvoir d'État à l'existence de la lutte des classes et à la domination d'une classe sur une autre). Prendre conscience de ce problème, ce n'est pas nécessaire- ment invalider la perspective d'une authentique république, telle que Montesquieu, Rousseau, ou Condorcet, l'ont conçue, mais s'engager dans une réflexion sur les conditions et les exigences auxquelles doit se conformer un État pour être véritablement républicain : la «chose publique», dès lors qu'elle existe comme telle, ne peut véritablement être oppression. Platon rappelait dans Les Lois que l'intérêt individuel, lorsqu'il est bien compris, ne peut réellement s'opposer à l'intérêt général : mettre en bonne place le bien commun, ce n'est pas renoncer à soi, mais au contraire assurer l'épanouissement de tous et de chacun. Encore faut-il que le bien commun ne soit pas usurpé, détourné, et finalement réduit à une simple apparence.

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